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L’or dans l’art : une fascination multimillénaire

Portrait d’Adele Bloch-Bauer - Gustav Klimt

Métal noble à la beauté inaltérable, l’or occupe depuis toujours une place centrale dans des formes de création artistique aussi variées que la peinture, la sculpture, l’orfèvrerie ou encore la calligraphie. Source d’inspiration pour les uns, objet de convoitise pour les autres, ce matériau revêt une kyrielle de significations : il symbolise autant la pureté, l’éternité ou le divin que l’opulence, le luxe et même le pouvoir.

Mais quelles sont les différentes utilisations qui ont été faites de l’or à travers l’histoire de l’art ? Voici quelques exemples d’œuvres qui, au fil des siècles, ont bénéficié de l’aura hors norme de cette ressource si rare.

L’or dans l’art religieux : une voie d’accès au divin

Les orfèvres au service du sacré

Tombeau de Toutankhamon, 12ème roi de la 18ème dynastie pharaonique, né vers 1335 av. J.C – Source : La terre un jardin

Depuis la nuit des temps, les plus grandes civilisations prêtent à l’or une valeur inestimable. Trois millénaires avant notre ère, les orfèvres et les architectes de l’Égypte antique voient déjà dans ce métal une marque de richesse et de réussite sociale, mais également un symbole d’éternité. Grâce à ce double pouvoir d’évocation, l’or apparaît comme le matériau idéal pour la décoration des statuettes de divinités (comme Osiris, Bastet ou Isis), des cercueils de notables et des masques funéraires de dirigeants (comme les pharaons Psousennès 1er ou Toutankhamon).

De l’autre côté de l’Atlantique, les peuples autochtones d’Amérique ne sont pas en reste. Aux 15ème et 16ème siècles, les Incas utilisent l’or pour magnifier leurs ouvrages d’orfèvrerie sacrée ou d’apparat : colliers, bracelets, pendentifs et boucles d’oreilles s’enrichissent de subtiles touches d’or qui reflètent le statut social de leur propriétaire. L’or s’invite aussi dans la fabrication des objets religieux, comme en témoignent les innombrables tumis (couteaux sacrificiels) en or récoltés dans les Andes par des archéologues.

Masque funéraire Inca, IXe-XIe siècle - Lambayeque (Sicán)

Masque funéraire Inca, IXe-XIe siècle – Lambayeque (Sicán) – Source : metmuseum.org

Psautier de la reine Isabelle d'Angleterre

Psautier de la reine Isabelle d’Angleterre, confectionné vers 1305-1308 – Source : passeisme.com

Quand l’écriture devient un art

Dans certaines parties du monde, l’or contribue à élever certaines pratiques au rang d’art. C’est le cas de l’écriture et de la copie de manuscrits, qui gagnent leurs lettres de noblesse grâce à la calligraphie et aux enluminures. Ces dernières rivalisent de raffinement, s’ornent de lacis d’arabesques végétales et se parent d’or. Par exemple, dans le monde arabe, les derniers siècles de l’âge d’or de l’islam (622 – 1258) voient naître une riche tradition de miniatures et d’enluminures ouvragées. Ces œuvres calligraphiques d’inspiration persane ornent aussi bien les manuscrits scientifiques que les textes religieux.

Il en va de même en Europe occidentale : les manuscrits du haut Moyen Âge (476 – 1000) et du Moyen Âge central (1000 – 1250) dépeignent une société baignant dans le divin et le surnaturel, où l’or revêt une valeur intrinsèquement sacrée. Dans les siècles qui précèdent le développement de l’imprimerie et de la presse mécanique, les calligraphes multiplient les techniques complexes pour intégrer l’or à leurs créations. Ce métal peut par exemple être pressé puis appliqué en feuilles fines sur un parchemin grâce à une colle végétale, ou broyé puis mélangé à de la gomme afin d’être utilisé comme un pigment pour la peinture.

L’or, fil rouge de l’art médiéval

Loin de ne servir qu’à la calligraphie médiévale, la feuille d’or est également appréciée des peintres médiévaux en France et en Italie. Sous l’influence des artistes byzantins, ceux-ci vont apprendre la technique de la dorure à la feuille d’or afin de réaliser des icônes, des tableaux votifs et des fresques d’inspiration biblique.

Ainsi, dès le 4ème siècle, les murs intérieurs des édifices religieux (comme la Basilique Saint-Vital de Ravenne en Italie) se parent de millions de feuilles d’or.

Malgré l’aura noble et prestigieuse dont il bénéficie au Moyen Âge, l’or demeure une ressource controversée aux yeux des chrétiens. En effet, la Bible en fait parfois le symbole de l’avarice, de la cupidité et de l’idolâtrie. C’est le cas notamment dans le livre de l’Exode où les Hébreux, fuyant l’Égypte, bâtissent une statue de veau en or qu’ils vénèrent telle une divinité, ce qui déclenche la colère de leur prophète Moïse.

L’art moderne, grand amateur d’or

L’or se réinvente

« Le baiser » - 1909 - Gustav Klimt

« Le baiser » – 1909 – Gustav Klimt

À l’époque moderne, l’or quitte le domaine du religieux pour investir celui de l’expression artistique individuelle. Cette ressource rare conserve néanmoins tout son pouvoir de séduction ainsi que sa propension à ennoblir une œuvre, comme le montrent les toiles de Gustav Klimt (1862 – 1912). Avec « Judith et Holopheme » (1901), « Portrait d’Adèle Bloch-Bauer » (1907) et surtout « Le Baiser » (1909), ce peintre autrichien opère la synthèse entre la dorure décorative de la mosaïque byzantine, le charme intemporel de l’or et les ambitions avant-gardistes de l’Art nouveau.

Le 20ème siècle est marqué par une volonté, de la part des artistes, d’expérimenter avec différentes formes, matières et couleurs. C’est dans ce contexte que le Français Yves Klein (1928 – 1962) popularise le concept de peinture monochrome. Fasciné par l’or, qu’il perçoit comme un symbole de rareté, d’absolu et d’éternité, cet artiste conceptuel réalise entre 1959 et 1961 une quarantaine de « Monogolds », c’est-à-dire de toiles à coloris unique et dont la surface est recouverte de feuilles d’or.

L’or dans l’art : un terrain de jeu et d’expérimentation

Plus que toute autre période de l’histoire de l’art, le 20ème siècle donne naissance à de nombreux mouvements dont l’objet est la critique (et parfois même la satire) du monde de l’art. Les créateurs se saisissent de médiums et de sujets inattendus pour fustiger l’académisme formel, la hiérarchisation des supports ou encore la dimension consumériste du marché de l’art.

L’or occupe une place de choix au cœur de ces explorations artistiques, dans la mesure où ce métal évoque l’opulence, le pouvoir ainsi qu’un certain classicisme. Au début des années 1950, quelques années avant les « Monogolds » de Klein, le plasticien Robert Milton Rauschenberg (1925 – 2008) entame la création d’une série de six œuvres en relief où la feuille d’or côtoie le papier journal. Dans ces « Gold Paintings », l’or se voit privé de son statut de métal précieux. Reléguée au rang de matière souple et malléable comme le papier journal, la feuille d’or devient un élément de l’œuvre parmi d’autres.

Le pouvoir de fascination de l’or dépasse les frontières, transcende les époques et s’affranchit des différences culturelles. Quels que soient les symboles que les artisans et les artistes du monde entier ont pu associer à l’or, sa valeur profonde ne s’est pas démentie. L’or n’a jamais cessé d’être prisé pour la richesse de ses reflets, pour son caractère inaltérable et pour sa propension à sublimer les objets les plus ordinaires. À la fois indémodable et résolument moderne, l’or dans l’art n’a pas fini de nous surprendre.

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