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Qu’est-ce que le rapatriement de l’or ?

Lingots d'or dans un coffre

En 2017, la banque centrale allemande a terminé le rapatriement sur son territoire d’environ 374 tonnes d’or, en provenance de Paris, Londres et New York. En 2020, c’était au tour de Caracas d’assigner la capitale britannique en justice, exigeant le rapatriement de 31 tonnes d’or sur le territoire vénézuélien, entreposés dans les coffres anglais. Métal hautement politique, l’or stocké dans les banques centrales étrangères peut être source de conflit, et les demandes de rapatriement ont crûs ces dernières années. Enquête sur le sens du rapatriement de lingots d’or.

Le cas de l’Allemagne

Premier pays européen à avoir initié le rapatriement de son or en 2013, l’Allemagne a désormais terminé la récupération de son métal précieux. Le processus, initialement étalé jusqu’en 2020, a pris fin avec deux ans d’avance : un empressement remarqué au niveau européen. Dans les années 70, une partie des stocks d’or allemands avaient été disséminés entre Paris, Londres et New-York : en pleine guerre froide, il s’agissait d’éviter que tout l’or de la nation (dont les stocks furent reconstitués après 1951) ne tombe entre les mains de l’URSS, si le pays était attaqué par les soviétiques.

Selon le gouvernement allemand, le rapatriement de l’or sur son territoire n’entame en rien les relations de confiance entre l’Allemagne et les trois « pays hébergeurs », la France, l’Angleterre et les Etats-Unis. La Banque Fédérale allemande avait par ailleurs remercié en 2013 la Banque de France d’avoir gardé son or pendant cette période, justifiant son choix de rapatriement par « l’absence de possibilité de changes entre les deux pays ». Les raisons officieuses elles, tendent plutôt vers un besoin d’audit précis de l’or du pays, réclamé par la Cour des Comptes allemande et fortement appuyé par les partis eurosceptiques allemands. Le stock d’or de l’Allemagne atteindrait aujourd’hui une valeur marchande de plus de 120 milliards d’euros. L’Allemagne est par ailleurs le second pays possédant le plus d’or au monde, juste après les Etats-Unis.

Une histoire de confiance

Mais l’Allemagne n’est pas seule à avoir mis en place le retour de son or sur le territoire national. Fin 2011, le Venezuela avait initié la tendance en rapatriant plus de 160 tonnes d’or, disséminées sur la planète : en cas de crise financière, l’or demeure la valeur sûre des banques centrales. Le métal jaune est au cœur de la solidité économique présumée d’un pays, et permet d’estimer sa capacité à affronter des turbulences pouvant impacter la valeur de sa monnaie fiduciaire. Le cas de l’Allemagne a fait jurisprudence en Europe : en 2014, 120 tonnes d’or ont transité par bateau entre New York et les coffres de la banque centrale néerlandaise. Un moyen pour Amsterdam de renforcer son poids économique à l’international, tout en rassurant ses consommateurs. L’Autriche avait également suivi le courant en faisant rapatrier sur son sol une partie de son or stocké en Grande-Bretagne en 2015.

Les rapatriement des stocks d’or ont ainsi une forte incidence sur les relations inter-gouvernementales. La place stratégique de Londres en tant que plaque tournante du commerce de l’or mondial justifiait jusqu’ici la concentration de l’or européen en son sein. Le rapatriement des stocks de métal jaune est l’une des composantes de l’image de repli des nations sur elles-mêmes, dans un contexte géopolitique tendu par les crises économiques qui se sont enchainées depuis 2008.

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