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Trésors de l’antiquité : l’or au temps des pharaons

Sarcophage de bois plaqué or

De nos jours, évoquer l’Égypte nous fait bien généralement voyager dans le temps et nous fait penser aux pharaons, à Cléopâtre, aux fameuses pyramides de Gizeh et aux temples antiques qui se dévoilent et se révèlent à nous, au détour d’un des nombreux méandres du Nil. L’Égypte est une terre riche d’une culture millénaire. On s’en rend aujourd’hui compte grâce aux nombreuses fouilles archéologiques débutées dès le XIXe siècle, et l’on comprend de mieux en mieux cette civilisation qui fut jadis florissante et fut même l’une des cultures les plus avancées et développées de son époque.

Les différentes dynasties pharaoniques qui se sont succédé sur une période de plus de trois millénaires (de -3150 à -30 Av. J.C.) nous ont laissé un legs inestimable, et qui plus est impérissable, pour mieux comprendre l’histoire de l’Égypte ancienne. Nous parlons d’or, bien évidemment. Et pour cause, ce métal fut particulièrement utilisé, dans de nombreux domaines, par la civilisation égyptienne, et revêtit à la fois une symbolique divine, de richesse, et de pouvoir. Focus sur la place qu’occupa l’or au temps des pharaons.

Mythe et réalité ? Histoire de l’or en Égypte et dans nos imaginaires occidentaux

Il est intéressant de comprendre comment l’or de l’Égypte ancienne a pu arriver jusqu’à nous, et comprendre pourquoi ce métal s’est imposé comme un élément central dans l’imaginaire collectif que nous avons aujourd’hui de l’Égypte.

L’or égyptien dans l’imaginaire collectif

L’intérêt que nous avons pour la culture égyptienne antique et son or n’est pas aussi vieux que l’on ne le croirait. Cet engouement débute surtout à la fin du XVIIIe siècle au début du XIXe siècle avec la première expédition de Bonaparte en Égypte. L’égyptologie en est alors à ses premiers balbutiements, et prendra de l’ampleur tout au long du XIXe siècle.

Rapidement, les premières expéditions, qu’elles soient françaises ou britanniques, font état de nombreuses découvertes et notamment de découvertes d’objets en or. Les journaux de l’époque tendent alors à décrire l’Égypte antique comme une civilisation riche en métal précieux. Un véritable imaginaire collectif se développe alors dans le monde occidental, associant l’Égypte à l’or et aux pharaons. Les découvertes archéologiques du XXe siècle ne feront que confirmer cette idée.

Les productions artistiques du XXe siècle ne seront pas en reste. De nombreux films associèrent l’Égypte, l’or et les pharaons au sein d’une trinité presque divine. On pense bien évidemment aux films « Les dix commandements » et « La terre des pharaons » sortis dans les années cinquante, qui dépeignent une civilisation croulant sous l’or. De nombreuses bandes dessinées (les aventures de Blake et Mortimer au sein du diptyque « Le mystère de la grande pyramide », la série « Papyrus » ou « Alix », etc.) et des films plus récents (« La momie », « Astérix & Obélix Mission Cléopâtre ») continuent toujours aujourd’hui d’associer l’or à l’Égypte des pharaons.

Les principaux objets en or que nous connaissons aujourd’hui

Cet imaginaire collectif associant or et pharaons d’Égypte, forgé à grands coups de productions cinématographiques et culturelles, cache en réalité une vérité bel et bien historique. Celle de la place qu’occupait le métal précieux au sein de la civilisation égyptienne.

On la connait aujourd’hui grâce aux nombreuses fouilles archéologiques menées entre le début du XIXe siècle et aujourd’hui, qui nous permit de mettre à jour de nombreux vestiges et artefacts en or de l’Égypte antique.

La première à nous venir à l’esprit est la découverte de la sépulture de Toutankhamon en 1922 par l’archéologue Howard Carter. Cette découverte permit de mettre à jour l’une des plus belles pièces en or découvertes à ce jour : le masque funéraire en or de Toutankhamon pesant près de dix kilos et sertis de nombreuses pierres précieuses.

Mais cette découverte en cache bien d’autres. Tout au long du XXe siècle, les égyptologues découvrirent de nombreux tombeaux dans la vallée des rois (65 au total) et entreprirent des fouilles au sein des temples, des pyramides et des monuments antiques, ce qui permit de mettre à jour des bijoux, des ornements, et d’autres objets conçus en or comme ce fut le cas du « Pectoral d’Osorkon II » ou de la « bague aux chevaux ».

Pectoral en or de l’oiseau Ba avec incrustations de verre GEM 759, 18e dynastie, règne de Toutânkhamon, 1336 - 1326 av. J.-C. Or, verre - Crédits  Laboratoriorosso, ViterboItaly

Pectoral en or de l’oiseau Ba avec incrustations de verre GEM 759, 18e dynastie, règne de Toutânkhamon, 1336 – 1326 av. J.-C. Or, verre – Crédits Laboratoriorosso, ViterboItaly

Toutes ces découvertes permirent aux chercheurs d’avancer que les orfèvres de l’Égypte pharaonienne étaient alors les meilleurs de l’époque.

L’Égypte et ses gisements aurifères

La grande quantité d’objets en or qui nous sont parvenus jusqu’à aujourd’hui, et ce, même malgré les nombreux pillages dont a souffert l’Égypte, se doit à la présence de nombreux gisements aurifères dans la région. En effet, de nombreux scientifiques et égyptologue pensent aujourd’hui que les Égyptiens vivaient au plus proches de l’une des plus grandes mines d’or du monde antique.

Même si l’origine de l’or des pharaons conserve une part de mystère (quoi de mieux pour faire rêver les amoureux du Nil et de l’Égypte antique ?), on pense aujourd’hui que l’exploitation de l’or en Égypte aurait commencé dès le quatrième millénaire av. J.-C. sur les rives du Nil. C’est à cette époque que l’on retrouve les premiers objets en or en Égypte : il s’agit alors d’objet simple utilisé pour la parure personnelle.

L’engouement des pharaons pour l’or mena à l’établissement d’un monopole d’État sur l’extraction du métal précieux et de la gestion des mines. Les pharaons fomentèrent la prospection et de nombreuses mines s’établirent alors dans le désert de Nubie (actuel Soudan). Ces mines alimentèrent pendant près de 3 millénaires l’Égypte pré-dynastique, pharaonique, ptolémaïque puis romaine. On pense qu’à l’époque pharaonique, près de 1300 mines fonctionnaient en simultané dans le sud de l’Égypte.

 

masque funéraire tombeau toutankhamon


Le masque funéraire du pharaon Toutankhamon

La symbolique de l’or au temps de l’Égypte antique

Mais pourquoi l’or, plus que tout autre métal, bénéficia-t-il d’un tel enthousiasme et d’un tel engouement de la part des différentes dynasties pharaoniques ? L’or était pourtant moins rare que l’argent, dont la région manquait cruellement. Explications.

L’or, chair des dieux égyptiens

Si l’or tient une place prépondérante dans l’Égypte des pharaons, c’est bien parce que ce métal fut, dès sa découverte, associé au divin et au panthéon mythologique de la cosmogonie égyptienne. En effet, de par sa couleur et sa brillance, l’or fut assimilé à Râ, dieu solaire et créateur de l’univers dans la mythologie égyptienne. Pour les Égyptiens, chaque lever de soleil était le résultat d’un combat les forces des ténèbres et Râ, dont ce dernier sortait vainqueur. Les rayons du soleil étaient alors comparés à l’or.

Du fait même de sa malléabilité et de son inaltérabilité (l’or traverse les âges sans pour autant s’oxyder), l’or devint aussi synonyme d’éternité, concept auquel les pharaons étaient particulièrement attachés (et cherchaient à atteindre). L’or fut alors considéré comme la chair des dieux et fut associé au divin.

Les anciens Égyptiens, peuple adorateur des dieux et dont le panthéon est particulièrement bien fourni, virent dans l’or un métal divin. Pour cette raison, le métal tint une place de choix au sein de leur mythologie et leur religion (culte, cérémonie, etc.). L’or avait un rôle protecteur. C’est pour cette raison que les défunts possédaient des amulettes ou autres parures d’or pour les protéger dans le voyage vers l’au-delà.

L’or, synonyme de pouvoir et apparat royal

Même si l’Égypte était (et l’est toujours) particulièrement riche en or, le métal n’en restait pas moins rare et son extraction compliquée. De ce fait, rapidement, l’or devint également synonyme de richesse. Il devint synonyme de puissance dont seuls la noblesse égyptienne et les religieux purent y avoir accès.

En tant que chefs religieux, les pharaons furent les premiers à pouvoir accaparer de gigantesques quantités d’or. Associé au divin, le métal leur servait alors à communiquer avec les dieux et à asseoir leur puissance (et justifier la présence à la tête de l’état).

Bien que l’or en tant que métal divin semble avoir été largement contrôlé par les pharaons dès sa découverte, il semble que son utilisation se soit peu à peu « démocratisé » au sein de la noblesse et de l’aristocratie non royale. Il n’est pas impossible alors de retrouver de haut dignitaire ou haut fonctionnaire possédant de grandes quantités d’or et procédant à des inhumations proches de celles des pharaons.

L’or fut alors utilisé par la noblesse de l’Égypte antique en tant qu’apparat (bijoux, bracelet, bague, etc.), mais aussi au sein des habitations (meuble plaqué or, mur revêtu d’or, etc.) pour mettre en exergue leur richesse, tout en bénéficiant de l’aspect religieux et divin de l’or.

Il est intéressant également de souligner que l’argent était un métal plus cher que l’or dans l’Égypte antique, du fait même de sa rareté. S’afficher avec des bijoux confectionnés à la fois en or et en argent permettait alors de faire preuve d’une immense richesse.

Pendentif en or ouvragé - XIe dynastie ; début XIIe dynastie

Pendentif en or ouvragé – XIe dynastie ; début XIIe dynastie (attribution d’après style) (-2106 – -1862) © 2002 Musée du Louvre / Christian Décamps

Un métal idéal pour asseoir une puissance marchande

En Égypte, l’or servit rapidement de bien commercialisable. Cela permit à l’Égypte d’affirmer sa domination sur la région. On prête ainsi ces mots à une dirigeante originaire de la péninsule arabique : « Envoyez-moi une quantité d’or parce que l’or dans votre pays est comme du sable » s’adressant au pharaon Amenhotep III.

L’or permit d’échanger avec les autres cultures jouxtant l’Égypte, pour acheter des biens dont l’Égypte manquait (notamment l’argent). Les pharaons auraient alors entretenu des relations commerciales notamment avec la Grèce et le levant.

Pour autant, les pharaons ne frappèrent aucune pièce de monnaie en or. L’économie égyptienne était alors basée sur le troc, et l’or faisait office de produit particulièrement cher et luxueux.

Il faut en effet attendre l’avènement du royaume Lagide (dynastie ptolémaïque) pour que les pharaons frappent les premières pièces de monnaie, sous l’influence culturelle grecque. C’est à cette époque que sont frappées les premières drachmes et que l’or des pharaons revêt alors un intérêt financier.

Ainsi, l’or a tenu une place prépondérante dans la mythologie égyptienne, et ce pendant près de trois millénaires. L’avènement de la dynastie ptolémaïque conféra une valeur davantage marchande que religieuse à l’or. Quoi qu’il en soit, l’or est toujours intimement lié à l’image que l’on a de l’Égypte et des pharaons. La chute du royaume Lagide en -30 Av. J.C. préfigurait l’émergence d’une nouvelle religion, et ce, à quelques centaines de kilomètres à peine du delta du Nil. L’utilisation de l’or en tant que symbole du divin aurait-il été repris par la chrétienté pour honorer un nouveau dieu ? De nombreux scientifiques vont dans ce sens.

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